Le Groupe de travail sur l’ethnographie en tant que connaissance est engagé dans une exploration collaborative des connaissances critiques qui peuvent être générées par l’attention portée aux aspects incarnés, émotionnels et cognitifs de l’effort ethnographique et par les adaptations méthodologiques qui en résultent. Le groupe cherche à comprendre comment l’ethnographie peut contrer les régimes dominants de connaissances sur les pays arabes et produire une compréhension ethnographique plus nuancée de la région arabe aujourd’hui. Ce groupe de travail propose que des modes particuliers d’attention sont essentiels pour la recherche ethnographique, notamment l’attention portée à la peur, au son, à la mémoire, au mensonge, au mouvement, aux rêves et à la qualité immersive de la violence.
Les membres du groupe de travail ont déjà rédigé un numéro spécial de la revue intitulé « Ethnography as Knowledge in the Arab Region » (Contemporary Levant vol. 2, no. 1).
Objectifs :
a) Présenter le potentiel de la recherche ethnographique pour éclairer les connaissances sur la région, notamment les résultats universitaires et non universitaires, avec des implications tant théoriques que pratiques.
b) S’engager avec les chercheurs à travers la région pour étendre le collectif et développer des réseaux d’échange. Le groupe a l’intention de discuter des expériences et d’identifier les principaux sujets et les domaines professionnels où l’ethnographie joue un rôle ou pourrait jouer un rôle dans ce domaine.
c) Collaborer entre les membres du groupe de travail, les autres chercheurs, les réseaux de chercheurs et les institutions en fonction des priorités thématiques des membres individuels, avec un intérêt particulier pour les collaborations Sud-Sud.
d) Fouiller, d’un point de vue généalogique, les « ancêtres » potentiels du savoir ethnographique dans la région.
ُEvenements actuels:
Le sous-groupe « Recherche en période de turbulences » a lancé un appel à la création de journaux personnels ethnographiques en octobre 2020, invitant les chercheurs(ses) qui vivent au Liban à participer à une collaboration de recherche-documentation. Il s’agit de rassembler les journaux personnels des résidents au Liban, leurs expériences vécues en tant qu’individus et chercheurs(ses) au cours de cette période exceptionnelle, et de documenter leurs observations sur les transformations dont leurs sociétés sont témoins.
Initiatives et résultats futurs :
a) Produire une série d’entrevues en podcast avec des universitaires de toute la région qui documentent leurs expériences, leurs inspirations et leurs réflexions sur l’ethnographie comme savoir.
b) Organiser des tables rondes à l’échelle de la région qui rassemblent les membres des groupes de travail et les chercheurs dans divers endroits de la région arabe. L’objectif des tables rondes/réunions est de discuter davantage des types de connaissances critiques qui émergent de l’ethnographie.
c) Produire un glossaire ethnographique arabe qui s’appuie sur des discussions collaboratives, des entretiens en podcast et mettra en évidence la diversité potentielle dans l’interprétation des termes en fonction du contexte historique et contemporain. Le glossaire s’efforcera de compléter et de collaborer avec d’autres tentatives visant à enrichir le glossaire des termes de sciences sociales en arabe.
d) Publier une série de documents de réflexion co-rédigés en arabe et en anglais sur les thèmes potentiels suivants :
i. Positionnalité et genre
ii. Contrer les revendications de connaissances par le biais de l’ethnographie
iii. Généalogies des théories et pratiques ethnographiques
Membres du groupe de travail
Samar Kanafani est une anthropologue sociale résidant et travaillant à Beyrouth. Ses recherches explorent les tactiques de logement dans des conditions de précarité à l’intersection d'espaces urbains en ruines et rénovés à Beyrouth. Elle a été chargée de cours à l’Université américaine de Beyrouth et chargée de cours à l’Université de Manchester, doctorante à l'Orient Institute de Beyrouth, ainsi que boursière postdoctorale au Conseil arabe pour les sciences sociales (2017-2018) et à l’Institute of Global Prosperity en affiliation avec University College London (2019). Elle développe actuellement son projet de livre de doctorat, Made to fall apart: decayed houses and deliberate debris, et poursuit des recherches sur les biens communs sous le capitalisme tardif.
Muzna Al-Masri est titulaire d’un doctorat en anthropologie de Goldsmiths, University of London. Elle est actuellement chercheuse et consultante auprès de plusieurs organisations onusiennes et internationales. Ses rapports de recherche les plus récents comprennent une analyse du contexte de conflit dans diverses régions libanaises et examinent les liens entre la cohésion sociale et les interventions humanitaires. Elle a été boursière postdoctorale du Conseil arabe pour les sciences sociales (2016-2017) et de l’Orient-Institut de Beyrouth (2018). Elle prépare actuellement un manuscrit qui explore, sur le plan ethnographique, les relations entre les élites politiques et leurs circonscriptions, en s’intéressant plus particulièrement à l’émergence et à la production du modèle ‘d’élite entrepreneuriale’ dans le Liban d’après-guerre.
Lamia Moghnieh est membre de l’EUME de la Fondation Fritz Thyssen et ancienne boursière postdoctorale du CASS. Son projet de livre « Psychiatry in Lebanon from the 19th to the 21th century: Madness, Violence and Society » retrace l’autorité culturelle de la psychiatrie moderne au Liban, à travers l’analyse primaire des documents d’archives de l’Hôpital libanais pour troubles mentaux et nerveux (connu sous le nom populaire d’hôpital Asfuriyeh) et la recherche ethnographique sur les pratiques psychiatriques contemporaines.
Elizabeth Saleh travaille dans les domaines de l’anthropologie politique et économique, en particulier dans les domaines de l’agriculture, de l’industrie, du travail et du genre. Elizabeth a occupé des postes à l’Orient Institute à Beyrouth, la London School of Economic and Goldsmiths. En 2018, elle a reçu une bourse de recherche du CASS dans le cadre du programme « L’environnementalisme, l’appauvrissement et les mouvements de justice sociale : Perspectives interdisciplinaires ». Elle travaille actuellement comme professeure adjointe en anthropologie à l’Université américaine de Beyrouth.
Zina Sawaf est une boursière du Programme de bourses pour jeunes chercheurs du CASS. Son projet de livre « Encountering the State: Women and Intimate Lives in Riyadh, Saudi Arabia » est une étude ethnographique des rencontres incarnées entre les femmes et les processus, les bureaux et les fonctionnaires de l’État ainsi que sa culture matérielle à Riyadh, en Arabie saoudite.