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Cinquième Conférence 2021

Appel à communications

La cinquième conférence du Conseil Arabe pour les Sciences Sociales (CASS)

« Interroger les sciences sociales dans le tourbillon des crises : Vagues de mécontentement et demandes de changement »

Decembre 2021 

Casablanca 2 | Caire 7 | Beyrouth 10

 

Date limite de présentation des résumés : 7 octobre 2020

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Le Conseil Arabe pour les Sciences Sociales est une organisation régionale indépendante, sans but lucratif, qui vise à renforcer la recherche et la production des connaissances dans le domaine des sciences sociales parmi les individus et les institutions de recherche / universitaires dans la région arabe. Le Conseil est basé dans la capitale libanaise, Beyrouth, en tant que siège, et opère dans toute la région arabe et dans le monde.

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Le Conseil Arabe pour les Sciences Sociales a le plaisir d'annoncer sa cinquième conférence intitulée « Interroger les sciences sociales dans le tourbillon des crises : Vagues de mécontentement et demandes de changement », qui se tiendra du 3 au 5 decembre 2021 à Beyrouth, Liban. Les résumés seront sélectionnés selon deux critères :                                  

                           

  • La mesure dans laquelle elles répondent aux thèmes de la conférence en posant des questions et en fournissant des analyses concernant la région, en plus de remettre en question les concepts et les théories prévalant dans les sciences sociales en général, et ceux qui concernent particulièrement la région arabe.
  • La profondeur théorique et empirique du document et l'accent mis sur des cas et des lieux innovants.

 

La conférence est ouverte aux communications de toutes les disciplines des sciences sociales et des disciplines connexes et aux chercheurs de la région arabe et du monde entier. Les candidats doivent détenir au moins un diplôme de maîtrise et être activement engagés dans la recherche en sciences sociales. Les communications peuvent porter sur des phénomènes contemporains ou historiques. Les perspectives comparatives, transrégionales et mondiales sont particulièrement encouragées.

Thème de la conférence

Les années 2019 et 2020 constituent un moment déterminant et historique pour les peuples de la région arabe, à l’instar des années 2010 et 2011, vu les importants mouvements populaires et politiques qui les ont marquées, visant de nombreux pays arabes du Levant et du Maghreb. Ces mouvements ont été revendiqués par plusieurs forces sociales émergentes ou dont la présence a été renforcée à travers les mouvements de contestation qui ont revêtu diverses formes. Ces forces ont revendiqué, à travers des formes collectives et radicales, un changement au niveau des mécanismes de gouvernance de l'État-nation et de ses élites politiques dirigeantes, accusées de ne pas être en phase avec les transformations intellectuelles, politiques, culturelles et démographiques au sein de leurs communautés ; ces forces ont également brigué l’établissement de nouvelles relations entre les citoyens eux-mêmes et avec leur État-nation. Les mouvements dans plusieurs pays arabes ont émané des demandes revenant à décortiquer les multiples problèmes actuels suite à l’entrée de la région dans une spirale de crises liées à la citoyenneté, aux choix économiques et sociaux, et à l’accès inéquitable aux services sociaux, ainsi que l’aggravation des problèmes ayant trait à l'environnement et aux ressources naturelles.En outre, il a été remarquable de voir l’émergence de mouvements et de protestations simultanés s’inspirant les uns les autres dans la région et dans le monde, de l’Asie de l’Est à l’Amérique latine, de par lesformes et les expressions de résistance, ainsi que l'imaginaire d'un avenir différent.

La cinquième conférence du Conseil Arabe pour les Sciences Sociales (CASS) traitera de toutes ces problématiques à travers les thèmes/sous-thèmes suivants :

- Inégalité et résistance

- L'État et la société du risque

- Infrastructure et survie

- Écologies mondiales, régionales et nationales

Au même titre que la première conférence du CASS, tenue en 2013 et qui a abordé plusieurs aspects du même sujet, la cinquième conférence du Conseil interrogera les sciences sociales et la production de connaissances en cette période troublée. Cette remise en question misera sur des outils intellectuels et méthodologiques innovants qu’exige la gravité des événements marquant la région arabe et le monde, le plus récent étant la lutte, à des degrés divers de réussite, contre les répercussions de la propagation de l'épidémie de coronavirus (Covid-19) qui a imposé à l'État-nation et à ses institutions plusieurs défis, avec un niveau de gravité sans précédent. L'épidémie a affecté les comportements des individus, des familles et des communautés dans les détails de tous les jours et au niveau des relations des uns aux autres et des relations avec l'autre en tant que milieu familial, professionnel, social et naturel. En effet, la communication s’est faite par le biais des technologies numériques après l'imposition du principe de la distanciation physique. En outre, la pandémie a contraint les mouvements populaires dans de nombreux pays à repenser les formes de revendications collectives, telles que les rassemblements populaires de masse. La concordance entre la propagation de l'épidémie et la crise économique et sociale sans précédent dans plusieurs pays a entrainé l’adoption de politiques économiques et sociales qui ont approfondi la crise vécue par plusieurs groupes vulnérables. Cet échec a conduit à une remise en question explicite de la mondialisation et de la démocratie, a soulevé de nombreuses interrogations et a fait planer des doutes au sujet des systèmes politiques en place après que l’épidémie de coronavirus ait mis à nu le problème du manque de confiance dans les autorités et les régimes défaillants et l’absence de protection sociale. Cette épidémie a également mis en lumière son exploitation par certains pays à des fins politiques et pour renforcer leurs relations internationales et leur « puissance douce » dans d'autres pays. Cette nouvelle réalité soulève une question fondamentale : l'effet de tout ce qui précède se traduira-t-il par la restructuration du système capitaliste, ou du moins sa remise en question ?

Étant donné que toutes ces questions et formes auxquelles la région arabe est confrontée font partie de la situation actuelle dans le monde dans son ensemble, la cinquième conférence du CASS les abordera en se basant sur l’examen de la région arabe afin d’étudier et d’appréhender le domaine mondial.

La cinquième conférence du CASS sera organisée autour de quatre grands axes comme suit :

1) Inégalité et résistance

Les inégalités en matière de représentation, de pouvoir politique et d'accès aux ressources matérielles sont une caractéristique fondamentale au sein des communautés, États et régions du monde moderne et entre eux. Pourtant, les manifestations particulières des inégalités, les facteurs structurels et contingents qui les produisent et reproduisent, et la myriade de moyens de résistance aux inégalités sont liés à des contextes historiques, géographiques et politiques spécifiques. Dans ce contexte, les analyses qui identifient et donnent un sens aux inégalités entre les classes, les sexes, les groupes ethnolinguistiques et/ou religieux/sectaires sont particulièrement intéressantes. Quelles sont les formes particulières d'inégalités entre ces groupes ? Quels sont les arrangements institutionnels et les privilèges qui les rendent possibles ? Comment se manifestent les différentes formes de résistance à ces inégalités ? Les candidats/candidates sont encouragé(e)s à envisager la façon dont les différentes notions d'échelle et d'espace, ainsi que la continuité et le changement sur de longues périodes, contribuent à mettre en lumière la nature de ces inégalités et à y faire face. Bien que ces phénomènes présentent de nombreux aspects, nous sommes particulièrement désireux de voir des recherches et des analyses qui mettent en évidence un ou plusieurs des éléments suivants :

Inégalité matérielle : L'une des principales caractéristiques ayant marqué la région au cours des dernières décennies a été l'augmentation des taux de pauvreté et de chômage combinée à une baisse du pouvoir d'achat. Ces dynamiques sont en corrélation avec d'autres relations matérielles telles que l'accès au crédit, au logement et aux services publics, pour n'en citer que quelques-unes. Ainsi, nous sollicitons les papiers qui cartographient ces inégalités matérielles à différentes échelles (par exemple, les quartiers, les villes, les zones rurales, le clivage urbain-rural ou la région) tout en tenant compte des structures et des institutions qui les reproduisent. Nous encourageons également les candidats/candidates à prendre conscience du fait que l'inégalité pourrait souvent constituer un phénomène reconnu de la classe dominante. Comment alors pouvons-nous donner un sens aux stratégies visant à maintenir ou à exacerber les inégalités matérielles, soit directement, soit par le biais de stratégies plus directement liées à l'évolution des modes d'accumulation du capital ?

Reconnaissance, représentation et inclusion : Outre les inégalités entre les classes et les régions, de nombreuses communautés se caractérisent par des rapports de force inégaux entre les groupes, où la différence est fondée sur le genre social, l'identité ethnolinguistique et les attributs religieux/confessionnels. Par conséquent, nous recherchons les papiers qui exposent les spécificités de ces rapports de force à des moments et des endroits particuliers, tout en prenant au sérieux la reproduction simultanée de l'inégalité concomitante dans les rapports de force et de la cohésion présumée ou vécue de l'identité du groupe. Nous nous intéressons également au contexte structurel et institutionnel qui rend possible de telles inégalités et identités. De ce fait, nous encourageons les candidats/candidates à traiter la question de la convergence des différentes formes d'inégalité et la manière dont cette convergence complique les revendications déterministes ayant trait à l'identité du groupe ou les revendications généralisées concernant les inégalités.

Résistance : Au cours des dernières décennies, les recherches sociales et culturelles ont mis en évidence la centralité de l'action individuelle et collective dans la négociation, le compromis et le refus des diverses formes d'inégalité. Ainsi, nous recherchons les papiers qui tracent les modes de résistance au niveau individuel ou collectif, tant licites qu'illicites, qu'ils soient avec ou contre les partis et systèmes locaux, nationaux, régionaux ou internationaux. Nous sommes particulièrement intéressés par les analyses qui identifient les décisions stratégiques et/ou les effets stratégiques de certains modes de résistance, plutôt que de simplement prendre au pied de la lettre la nature oppositionnelle de certains phénomènes. Nous encourageons également les approches qui remettent en question les concepts et les cadres pratiques à travers lesquels la résistance et les mouvements sociaux ont été étudiés dans la région, et comment notre compréhension de l'inégalité et de la résistance nous ramène à la littérature, aux théories et aux concepts relatifs à ces mouvements dans des conditions émergentes.

2) L'État et la société du risque

Cet axe se concentre sur la remise en question, par les sciences sociales, de l’État (dans ses diverses formes et conjonctures) et de ce qu'il représente dans la région arabe à travers l'examen des orientations politiques, sociales et économiques de l’État, de ses politiques viables et de sa gestion de divers risques. Parmi ces risques nous comptons la guerre, l'occupation, la violence et la gestion de la pandémie, ainsi que le rapport avec les politiques de marginalisation, d’exclusion, de mainmise, et de tentative de manipulation des actes de protestation et des différentes vagues d’indignation à la lumière de la mondialisation de la société de risque et son impact sur le quotidien ; en plus des débats ouverts sur la relation entre l’État et la société de façon globale ainsi que l’appréhension des changements qui ont eu lieu au cours des dernières années.

Les sciences sociales peuvent-elles remettre en question de nouveau le terrain et ses acteurs ? Et par quels moyens ? Quelles sont les nouvelles approches concernant l'identité de l’État, ses rapports à la société et son dévoilement universel ? Comment ces approches examinent-elles les sociétés de la région arabe ? Comment concevons-nous la proclamation de l’état d’urgence, les politiques de confinement, les mesures de précaution et de prévention, le couvre-feu, l'inspection et la stigmatisation de certaines catégories sociales, la mise en quarantaine à domicile dans des régions non convenables à la mise en quarantaine, ainsi que les politiques viables, le contrôle et les sanctions ? La société de risque, l’intimidation et l'état d'exception instaurent-ils une nouvelle priorité visant à préserver le statut quo et le contrôler ? Qu’en est-il des débats ouverts sur les outils cognitifs et méthodologiques relatifs à l'examen des politiques sociales et le rapport de cela à l’inégalité ? Lesdits débats mettent en lumière l’état des structures de santé et des systèmes de protection sociale et posent des questions afin de savoir s’il y a des politiques d’exclusion et de marginalisation et si les écarts régionaux, économiques et sociaux sont en train d’augmenter. L’État compense-t-il l’échec de certaines de ses politiques économiques et sociales en recourant à des politiques d’ordre sécuritaire, se traduisant par une démonstration de force de l’État à travers ses différents instruments ? Ou en diffusant des rhétoriques novatrices afin d’acquérir une légitimité perdue en imposant l'autorité de l’État venant empiéter sur la société ? Cela s’accompagne de l’imposition de la mise en quarantaine domestique et sectorielle selon les priorités des acteurs puissantset la logique des rapports de force et des intérêts. Quelles sont les rhétoriques étatiques et sociétales concernant les relations de l’État à la communauté et à la société de risque, et comment sont-elles reflétées ou intériorisées dans les sociétés de la région arabe aujourd’hui ? Comment ces rhétoriques influencent-elles les relations entre les individus et la perception qu'ils ont les uns des autres, y compris les rôles et les identités du genre et des générations ?

Comment examiner les formes de solidarité sociale et communautaire/ politico-sécuritaire et prudentielle/préventive de l’État, l’intimidation et le risque ? Qu’en est-il du retour aux questions des politiques de répartition des risques plutôt que de répartition des richesses et des tentatives de réduction des écarts entre les couches sociales ? Quels changements se sont produits au niveau des structures étatiques dans la région arabe depuis les premières vagues de mécontentement et des politiques sociales et économiques de l’État ? Quels sont les changements introduits sur la carte des acteurs étatiques et sociétaux ? Quelle lecture pourrait-on donner des débats universels portant sur la relation entre les humains et la nature, l’effet laboratoire, la technicité, la mondialisation et la marchandisation dans les sociétés de la région arabe ; quelles sont ses représentations et ses rapports à la spécificité de ces sociétés ? Comment concevoir la société de risque comme modèle analytique en sondant la solidarité sociale à la lumière de la distanciation physique par le biais d’expériences tirées du terrain ?

3) Infrastructure et survie

Les infrastructures couvrant les métropoles, les villages, les zones rurales, les campagnes et les zones côtières ne représentent pas de simples structures matérielles, mais constituent une intervention humaine visant à aménager le paysage et réhabiliter les espaces vivants ; cette intervention détermine largement les styles de vie des individus et les modes de vie des groupes. Partant de ce constat, le rapport établi entre les infrastructures et la survie se fait dans le sens de la réalisation des conditions d'existence physique pour les générations présentes et le maintien de la vie pour les générations futures. C’est dans ce sens également que l’on pourrait établir un lien entre les infrastructures et les droits humains fondamentaux et de genre, notamment le droit à la santé durable productive, à l'éducation, au logement décent, à l'emploi digne avec rémunération équitable et à la participation communautaire... Tous ces droits relèvent de la notion de développement durable et de la remise en question des concepts pertinents, à savoir la flexibilité, la vulnérabilité, le bien-être et la protection sociale.

Par conséquent, du point de vue des sciences sociales, la réalisation des conditions d'existence physique et le maintien de la vie ne constituent pas la norme, mais sont plutôt inhérents aux politiques publiques qui requièrent et se chargent des stratégies de planification et de mise en œuvre pertinentes. Ainsi, les infrastructures ont doublement trait aux plans de développement, étant donné qu’elles s’inscrivent elles-mêmes dans le cadre du développement, mais qu’elles stimulent et facilitent le développement en même temps. En conséquence, la distinction entre les politiques de mise en place des infrastructures se fait selon le type d'économies existantes dans chaque pays, la localisation des investissements et le développement qui en découle d'une part, et le degré (ou l’absence) d'équilibre/de justice affiché dans ces politiques. De ce fait, la construction des infrastructures figurant dans les plans de développement à long terme ne se limite pas uniquement à la satisfaction des exigences de la justice sociale, mais elle nécessite également un engagementen matière de maintenance, de développement et d’adaptation à l’innovation technologique. Les dégâts causés par le manque d'infrastructures nécessaires au maintien de la survie sont les mêmes que ceux découlant des infrastructures délabrées et ne répondant pas aux exigences de prévention des risques sanitaires et environnementaux, notamment les risques épidémiologiques et climatiques émergents, dans un monde où ces risques se mondialisent chaque jour davantage.

En dépit des demandes sociales timides liées à l'infrastructure et exprimées par les mouvements de revendications sociales dans la région arabe au cours de la dernière décennie, certaines expressions permettent l’élaboration d'une perception préliminaire relative à un cadre de référence à même de permettre aux sciences sociales de remettre en question les politiques publiques relatives aux infrastructures:

·         En termes d’octroi du droit d’accès aux conditions de survie et de conservation des espèces, en particulier sur la base des besoins spécifiques de chaque milieu de vie, notamment les métropoles, les villages, les zones rurales, les campagnes, les zones côtières et les déserts, ainsi que de chaque contexte socio-économique y compris les contextes industriel, agricole et pastoral, etc.

·         En termes de gouvernance de la gestion des infrastructures au niveau : des dépenses dans les limites des budgets publics ; de la supervision et de l’entretien des constructions ; de la justice et de l’équité entre les parties, groupes sociaux et secteurs ; de l'équilibre entre les contributions publiques et privées dans le cadre des projets de partenariat public-privé ; et de l'intégrité des transactions, des appels d'offres et des études de faisabilité.

·         En termes de conformité à l'intégration régionale, à la coopération et à la complémentarité, notamment en matière de politiques énergétiques et climatiques, et de lutte contre la désertification.

Tous ces niveaux convergent vers la question relative au phénomène et aux concepts d'inégalité et de survie, en fonction des critères de leur distribution dans la société et de leur impact possible sur les groupes marginalisés et exclus. Le problème des plans de développement et des infrastructures se pose également en rapport avec la mondialisation, notamment au niveau de l'émergence de nouveaux types de grands projets tels la construction de villes, de capitales et de ports, ainsi que le rôle des puissances mondiales émergentes dans la mise en place et la gestion de ces projets.

4) Écologies mondiales, régionales et nationales

La problématique de l'État, qui constitue désormais la problématique de base de tous les problèmes révélés par les transformations qui ont eu lieu dans la région au cours des deux dernières décennies (l'échec de l'État, l'érosion de sa légitimité, l’effondrement de l'identité nationale en faveur d’autres identités et la montée en puissance des pouvoirs extra-étatiques) devient plus claire, jour après jour, et suite à chaque développement mondial et régional, dont le dernier en date est la crise de la pandémie de coronavirus.

Trois décennies, ou plus, ont été marquées par la théorie de « la disparition de la souveraineté » et de la fin du système Westphalien, en plus de l'émergence d'un nouvel ordre qu’incarne une mondialisation qui ne se manifeste pas uniquement dans les réseaux transfrontaliers, mais également dans les questions climatiques et écologiques ; une mondialisation qui a prouvé que la souveraineté absolue de l'État relève d’un temps révolu. Aujourd’hui, la pandémie de coronavirus confirme la complexité de l'État, étant donné que le monde entier a vécu un mode unique de mondialisation, a éprouvé le même effroi et a adopté les mêmes gestes barrières. Le questionnement majeur soulevé dans le sillage de la pandémie porte, encore une fois, sur l'État.

Bien qu'il ne s'agisse pas d'une nouvelle question, étant donné qu’on s’était déjà interrogé sur l'État, ses responsabilités, son rôle protecteur et les inconvénients des politiques néolibérales, avec la crise économique de 2008, la crise du coronavirus a toutefois exposé au grand jour la complexité de l'État : une mondialisation que le monde vit réellement, dans laquelle les phénomènes (sanitaires, climatiques, politiques, sociaux et économiques) se ramifient, faisant fi des frontières. En même temps, la nécessité d'un État national, efficace, performant en matière de souveraineté, et responsable de la formulation et de la mise en œuvre des politiques publiques, se fait sentir.

Cela n’empêche pas que nous soyons confrontés à un monde différent. En effet, les réseaux transnationaux sont une réalité. L’ampleur des mouvements de populations, de pensée, de solidarités, d’identités, de phénomènes de santé et de phénomènes climatiques déferlant à travers le monde, est inimaginable. Cependant, l’on ne pourrait pas considérer que ces réseaux annulent ceux qui les ont précédés ; en fait, l’on devrait les appréhender en fonction de la nature de leur interaction avec l'État et son système.

Ce cadre constitue désormais la clé du débat actuel portant sur l’État : chevauchement entre son champ d’action, son rôle vital, et ses interactions transnationales et transfrontalières (non seulement les interactions des éléments extra-étatiques).

En outre, cette problématique s’accompagne d’un ensemble de problématiques proches mais fortement pertinentes. En effet, suite à l’apparition des effets de la crise de 2008 de plus en plus clairement aujourd'hui, se traduisant par le retour des courants d'extrême droite en Europe et aux États-Unis, et par l'émergence de la droite montante (connu sous le nom de droite populiste) la solution consisterait-elle à s’opposer au mouvement de l'histoire et se retrancher derrière une identité isolationniste, tout en endiguant les flux imposés par le mouvement mondial et son évolution depuis l’après Seconde Guerre mondiale ?

Au niveau de la région arabe, et dans le sillage des révolutions de 2011 etl’enlisement de beaucoup d'entre elles, l'État autoritaire serait-il la solution alternative à l'explosion des conflits civils, à la lumière de la montée en croissance d’un courant qui assimile (ou ne sépare pas) l'État qui devrait reprendre ses responsabilités au sein de son champ de souveraineté à la forme autoritaire de l'État ?

IL n'est pas productif de réexaminer la question de l'État, que ce soit en supposant un monde post-national ou en niant la mondialisation et en se concentrant sur une forme de localisme national. Les sciences sociales ont un besoin urgent de nouvelles perspectives et approches afin de comprendre le moment présent et en tirer parti.

Directives de présentation des résumés de communications

Le CASS invite des résumés pour des communications individuelles ou pour des panels organisés. Le Comité de planification de la conférence examinera toutes les demandes et choisira la liste finale des conférenciers.

Nous encourageons fortement les candidatures en arabe, mais les résumés peuvent être soumises en arabe, en anglais ou en français et doivent être dans la langue du document présenté. La traduction simultanée sera disponible à la conférence.               

1) Communications individuelles

Pour soumettre un résumé de communication individuelle, veuillez créer un compte et une page de profil sur la plateforme de candidatures du CASS, puis remplir le formulaire de demande de la conférence, y compris un résumé d'une page (ou environ 500 mots). Consultez cette page pour savoir comment rédiger un résumé réussi.

Veuillez noter que les candidats peuvent soumettre une proposition de communication co-écrite par plusieurs auteurs. Toutefois, si la communication collective est sélectionnée pour la conférence, le CASS ne peut garantir que le soutien financier de l'auteur principal. Le CASS décidera s'il est possible de fournir un soutien à un deuxième auteur au cas par cas après que les décisions de sélection ont été annoncées.

Pour soumettre une demande individuelle, cliquez ici.

2) Panels organisés

Le CASS encourage fortement les individus ou les instituts de recherche à soumettre un panel organisé sur les thèmes de la conférence. Chaque panel devrait inclure 3-4 documents et l'organisateur du panel devrait également présenter un document dans le panel.

Pour soumettre une proposition de panel, veuillez créer un compte et une page de profil sur la plateforme de candidatures du CASS, puis remplir le formulaire de demande de la conférence, y compris un résumé d'une page (ou environ 500 mots).

Pour soumettre une proposition pour un panel organisé, cliquez ici.

Dates importantes

La date limite de présentation des résumés est le 7 octobre 2020.Les résumés sélectionnés seront annoncés le 20 decembre 2020.

Les participants sélectionnés doivent soumettre leurs communications complètes avant le 5 mars 2021. Si le document n'est pas reçu avant ce délai, le participant sera retiré du programme de la conférence.

Présentation et distribution des documents

Tous les résumés de la conférence seront affichés sur le site web du CASS et mis à la disposition du public, et les présentateurs pourront être invités à réviser leurs résumés pour publication. Par ailleurs, tous les documents de la conférence seront mis à la disposition de tous les participants à la conférence sur une page web protégée par mot de passe ou Dropbox, ainsi que sur une clé USB distribuée lors de la conférence.

Après la conférence, le CASS peut inviter un certain nombre de documents à être inclus dans une ou plusieurs publications, ce qui peut inclure la traduction du document dans différentes langues. Les individus sont libres d'accepter ou de refuser de participer à ces publications planifiées.

Les présentations lors de la conférence doivent durer entre 15 et 20 minutes par communication et peuvent être présentées en arabe, en anglais ou en français. Une traduction simultanée de l'anglais et du français vers l'arabe et de l'arabe vers l'anglais sera assurée. Le site de la conférence sera équipé par du matériel audio-visuel. Des détails supplémentaires sur la composition des panels individuels seront disponibles après l'annonce des décisions de sélection le 20 Decembre 2020 au plus tard.

Frais

Les présentateurs de communication basés dans la région arabe seront entièrement couverts pour les frais de voyage en classe économique et d'hébergement. Le CASS offrira jusqu'à quatre nuits d'hébergement, selon la disponibilité des vols et les itinéraires de voyage. Les présentateurs basés à l'extérieur de la région seront considérés pour le financement des frais de déplacement et d'hébergement au cas par cas.

Si vous n'êtes pas sélectionné à présenter une communication lors de la conférence, nous vous encourageons à vous inscrire pour assister à la conférence, qui sera gratuite et ouverte au public.

Des questions? Veuillez contacter : kiladjian@theacss.org