Rahal Boubrik, Maroc, Université Mohammed V
Titre du projet : Ressources pastorales, transhumance et conflits sociaux au Sud marocain
Les conditions climatiques, écologiques, économiques et géopolitiques durant la deuxième moitié du vingtième siècle ont contribué au déclin du nomadisme traditionnel dans l’Ouest saharien (Maroc, Mauritanie...). Les nomades, qui exercent encore une activité pastorale, sont contraints de chercher des ressources loin de leur espace de nomadisme traditionnel. La mobilité saisonnière des éleveurs nomades des zones arides (Sahara) vers des zones agricoles (la plaine de Souss) provoque un surpâturage avec des impacts considérables sur les ressources pastorales et agricoles. Ainsi, la mobilité des troupeaux et des hommes favorise un climat de tension entre les propriétaires de troupeaux et les paysans sédentaires. Elle conduit aux manifestations d'hostilité périodiques à des moments critiques des activités agricoles et pastorales. La transformation de tensions périodique en conflits violents entre les nomades et les villageois, et les éleveurs et les agricultures sont aussi le résultat d’une mauvaise gestion de ces tensions par l’État. Nous essayons de comprendre les origines, le contexte et la réalité des conflits entre les deux groupes et par la suite les modalités d’intervention de L’État, des acteurs locaux, des élus et de la société civile pour résoudre (ou non) les conflits pastoraux. Nous étudions l’impact des facteurs environnementaux sur les rapports sociaux et le processus de règlement et de gestion des conflits entre agriculteurs de Souss et pasteurs du Sahara. Nous traitons cette problématique à travers les questions de recherches suivantes : Comment les rapports de complémentarité, entre nomades et sédentaires dans le passé, se sont transformés de nos jours à des rapports conflictuels dans le Sud marocain ? Comment les contraintes écologiques amènent à des relations conflictuelles et violentes ? Pourquoi des mouvements de transhumances pastorales provoquent des conflits alors que d’autres restent paisibles ? Comment dans l’avenir les conflits entre communautés seront principalement des conflits déterminés par des facteurs écologiques et naturels ? Comment appréhender les manifestations politiques idéologiques ethniques, régionales et confessionnelles de ces conflits ? Comment ces conflits sont devenus des enjeux pour des acteurs locaux et reflètent d’autres registres politiques surtout lors de leur instrumentalisation par les différents acteurs ? Comment s’exerce le droit étatique et la gestion de l’État des conflits liés au pastoralisme en utilisant l'argument de la protection de l’environnement et la loi ? Quelles sont les modalités sociales et juridiques déployées pour prévenir, désamorcer et gérer les conflits liés aux transhumances pastorales ? Quelles sont les modalités d’interventions de l’autorité et les acteurs locaux, les élus et la société civile pour assurer la médiation et régler les litiges pastoraux ? Le terrain de notre étude est la région de Souss-Massa au Sud marocain.