Marie Kortam: La géographie urbaine à Tripoli Al Fayhaa
A Tripoli, entre les quartiers pauvres et riches, la mobilité est faible et le sentiment d’enfermement chez les jeunes des quartiers pauvres est de plus en plus fort, notamment avec les conflits armés que vit la vieille ville depuis 2008. La ville de Tripoli peut être divisée en quatre parties sur le plan socioéconomique. La vieille ville et ville « moyenne » défavorisées d’un côté, la ville nouvelle plus favorisée de l’autre, séparées par le boulevard qui s’étend depuis Al Bahsas jusqu’au rondpoint Abu Ali (Boulevards Bechara Al Khouri, et Rafic Hariri) ; Qobbé ; Abu Samra. Des inégalités sont soulignées dans tous les rapports et les études sur Al Fayhaa. Que connaît-on réellement de ces inégalités? Qui en est le ou les responsables ? Peut-on établir des stratégies de développement sans combattre les inégalités ? De nombreux acteurs associatifs ou experts ont insisté sur le fait que c’est la municipalité qui devrait jouer le rôle de chef d’orchestre dans le cadre des stratégies de développement. Est-il conçu à Tripoli une équipe de specialistes compétente et sans étiquette partisane pour commencer à oeuvrer en ce sens, avant la prise en charge par le leader politique? Mon projet relève de la géographie sociale urbaine des inégalités. Il porte sur les relations entre les formes d'organisation sociale présente dans la ville de Tripoli et la restructuration urbaine en termes d’inégalités et de mobilités. Un profil socioéconomique, de la ville de Tripoli et plus spécifiquement des quartiers centraux, permet de caractériser le territoire de recherche selon les conditions de vie des gens.
Marie Kortam est sociologue, diplômée de doctorat en sociologie de l’Université Paris-Diderot en 2011. auparavant, diplômée d'assistante sociale de l'Université Saint-Joseph/Liban et d'un DESS en information-communication. En s’appuyant sur les apports du travail social, de l’intervention sociologique et de la sociologie clinique, ses recherches portent sur les vécus, les sens et les représentations des individus, des groupes et des collectivités et leur place dans la construction du savoir. son travail de Doctorat a permis à Marie Kortam de se spécialiser dans l’analyse des groupes dominés et marginalisés, des violences, des discriminations et des minorités, des conduites collectives pour contrer la violence du pouvoir, de la construction de politiques de gestion de violences dans les espaces de ségrégations. Ses démarches sont ethnographiques, sociohistoriques et comparatives. elle travaille sur la subjectivité des individus à travers le vécu, tous les enjeux épistémologiques et les choix méthodologiques convergent vers des « savoirs situés » et des « points de vue». chercheur associée à l'Ifpo depuis août 2013. Elle a aussi intégré deux programmes de recherches sur les relations armée-civils : le premier avec Chritian Michelsen Institute en Norvège " Everyday Maneuvers: Military - Civilian Relations in Latin-America and the Middle East", le deuxième avec Carnegie/ Middle East center.